• /

lundi 17 septembre 2012

Le Palais de Minuit - Carlos Ruiz Zafon



Second opus de la Trilogie de la Brume, Le Palais de Minuit situe son histoire à Calcutta en 1932.

J'avais dévoré Le Prince de la Brume, roman jeunesse par excellence à mes yeux, qui rassemblait aventure et mystère à travers une histoire d'amitié qui prenait pied dans un petit village anglais. Ici, Zafon rejoue la carte de l'amitié et des malédictions familiales à travers le lien unique qui unit sept enfants élevés dans un orphelinat du centre de la Ville Noire de Calcutta. Ensemble ils ont fondé la Chowdar Society et se rassemblent chaque nuit dans le Palais de Minuit, une ancienne résidence à l'abandon. A leur seize ans, ils savent qu'ils devront quitter l'orphelinat et se séparer à jamais pour suivre leur voie. A l'aube de cette existence nouvelle, Ben fait la connaissance d'une jeune fille et de sa grand-mère venue rendre visite au directeur de l'établissement. Cette rencontre va bouleverser sa vie et les précipiter - lui et ses amis - dans une série d'évènements cauchemardesques dont les sources s'enracinent avant leur naissance.

Pour éviter d'en dévoiler trop (ce que le résumé fait, malheureusement), je me contenterais de dire que j'ai particulièrement apprécier ce second tome. Le récit débute dans la chaleur étouffante de Calcutta en 1916 puis nous projette, grâce au narrateur qui se révèle être l'un des amis de Ben, jusqu'en 1932 où d'étranges manifestations surnaturelles se succèdent et auxquelles vont être confrontés les amis de Ben. L'atmosphère de la ville est bien rendue, même si on peut reprocher à l'auteur de survoler le caractère de ses personnages. 

Le premier livre se concentrait sur l'eau, l'élément central ici est le feu renforcé par la chaleur d'une période caniculaire et l'atmosphère moite et brumeuse d'une ville pleine de mythes et de légendes où les gens restent sensibles aux superstitions locales. Une fois encore, Zafon renforce l'ambiance gothique de son récit en évoquant des histoires de fantômes et de revenants que les enfants se racontent la nuit au coeur du palais. Le plus poétique, ce sont les descriptions du crépuscule au-dessus de la ville, de l'architecture mélancolique des palais abandonnés, de leurs jardins rendus à la sauvagerie de la jungle, de la pauvreté et des marchés à ciel ouvert... Mais plus que tout, c'est l'évocation d'une gare gigantesque incendiée des années auparavant qui surprend le lecteur. Un endroit malsain et sombre avec son squelette métallique et calciné d'où les menaces suintent littéralement au coeur de la nuit.

L'ambiance oppressante, les secrets de famille savamment dissimulés pour mieux exploser au visage des personnages, l'omniprésence d'une sombre entité dont on ignore les motivations, tout concoure à nous offrir une aventure sans temps mort où les références au gothique sont une fois de plus au centre du récit.

Il n'y a donc aucun véritable lien entre les trois livres - d'après ce que j'ai compris et malgré le fait qu'ils soient tous les trois édités sous la forme d'une trilogie - si ce n'est la même atmosphère d'angoisse, la présence incontestable de phénomènes surnaturels, l'amitié inébranlable qui pousse les personnages à affronter tous les dangers ou les lieux inquiétants emprunts de mystères souvent à la source de toutes les révélations. Le style est déjà plus travaillé que dans le premier tome, les descriptions sont plus détaillées et les évocations de la gare incendiée de Jheeter's Gate sont époustouflantes. On sent déjà dans cette histoire les prémices d'un grand roman. Les tourments des personnages de L'Ombre du Vent et leur destin tragique s'inscrivent en parallèle de cette histoire qui n'est pas si éloignée du récit situé à Barcelone.

Bref, une belle surprise qui ravira les jeunes amateurs du genre. Le ton est donné et le style s'affermit dans ce second roman classé jeunesse que j'aurais aimé découvrir plus jeune ! Vivement la suite : Les Lumières de Septembre !


Le Palais de Minuit - Carlos Ruiz Zafon - Editions Robert Laffont - 2012

3 commentaires:

  1. C'est mon préféré dans la trilogie, à cause du thème de la gémellité !

    RépondreSupprimer
  2. @Irrégulière : C'est vrai que c'est intéressant, encore que maintenant que tu en parles, je me dis que l'auteur aurait pu exploiter un peu plus la relation des deux adolescents...

    RépondreSupprimer
  3. Il faut vraiment que je découvre cette trilogie ! J'ai dévoré L'ombre du vent, il serait temps de découvrir d'autres romans de l'auteur !

    RépondreSupprimer

Tranches... de livres ! © 2014 - Designed by Tranches... de Livres !, Plugins By MyBloggerLab.com