• /

mardi 11 septembre 2012

Embrouilles à Manhattan - Meg Cabot



Fandesleaterkinney : Qu'est-ce que tu fous ?
Katylafait : Je Bosse. Et arrête de te connecter sur ma messagerie instantanée pendant les heures de travail, tu sais que la Ratt n'aime pas ça.
Fandesleaterkinney : La Ratt peut crever. Et tu ne bosses pas. Je te rappelle que je vois ton bureau, du mien. Tu es encore en train de rédiger une de tes fameuses listes "A faire", hein ?
Katylafait : Même pas vrai ! Je réfléchis seulement aux multiples échecs et aux innombrables erreurs de jugement qui semblent avoir constitué ma vie jusqu'à présent.
Fandesleaterkinney : Tu n'as que vingt-cinq ans, crétine ! Tu n'a même pas encore commencé à vivre.

Enthousiasmée par le billet de Cécile, j'ai décidé de me laisser tenter par un style littéraire que je ne connais pas très bien : la chick-lit ! Dans ce domaine, j'ai du lire en tout et pour tout les deux bouquins d'Helen Fielding : Le Journal de Bridget Jones et sa suite Bridget Jones : L'Âge de Raison que j'ai beaucoup aimé. Ah oui ! et La Prime aussi de Janet Evanovich (il faudra d'ailleurs que je me plonge dans la suite un de ces jours ! Encore un exemple de toutes ces séries que je commence et que je ne finis jamais.... Passons.)

Et puis voilà, c'est à peu près tout. Excepté les romances que je dévore régulièrement et qui font partie de mon quotidien, je ne m'étais jamais vraiment intéressée à ce genre de livres qui comptent pourtant bien des adeptes. 

Me voilà toute guillerette et prête à passer un moment sympathique en compagnie des personnages de Meg Cabot (dont l'un des derniers livres m'avait d'ailleurs beaucoup plu) Mais qu'elle ne fut pas ma déception en avançant dans ma lecture...

D'abord, les points positifs : le style choisi, épistolaire, un rien original. On découvre le récit à travers une foule d'extraits de journaux intimes, de post-it scotchés çà et là, de mails échangés au travail comme à la maison par les différents personnages, de mémos, de listes et autres menus gastronomiques qui servent à coucher les pensées et les ressentis de l'héroïne. Je dois avouer que j'avais quelques appréhensions qui ont été bien vite balayées. Cette conception légère et humoristique apporte un tonus et une vitalité à l'histoire qui ne sont pas pour me déplaire. Ca m'a rappelé les romans de Daniel Glattauer où l'on ne découvre le récit et l'état d'esprit des personnages qu'à travers leurs échanges. C'est moderne et agréable et carrément original !

Malgré ce style si différent, l'histoire n'en reste pas moins extrêmement prévisible et pousse la caricature au maximum ce qui est bien dommage. Là où des personnages sympas possédant un minimum de réflexion et d'humour m'auraient simplement suffis, Meg Cabot signe ici un livre malheureusement dépourvu d'intérêt. Tout est couru d'avance et stéréotypé. (c'est ça la chick-lit ? Je veux bien lire des histoires de trentenaires recherchant désespérément leur âme soeur et à qui il arrive toutes sortes de catastrophes inévitables, mais là... pfff... Ça m'a gonflé...) 

Kathleen - l'héroïne de l'histoire - travaille dans un grand quotidien New-Yorkais au service RH, et elle a bien du mal à joindre les deux bouts. Elle squatte chez sa meilleure amie (qui tente de faire un bébé) en attendant de trouver un appartement, vit sa carrière professionnelle avec une déception larmoyante (elle voulait faire dans le social et se retrouve parachutée dans une entreprise à la solde du "capitalisme rampant") et pour ne rien gâcher, elle vient de se séparer de son petit ami - rocker crétin et déphasé - avec qui elle entretenait une relation depuis dix ans, et qui vient de refuser de l'épouser... De quoi vous faire douter de la vie !

Oui, Kathleen est une pauvre chose sur qui la malchance semble s'abattre depuis qu'elle a quitté son Kentucky natal, et les choses ne s'arrangent pas lorsque sa supérieure - une garce ambitieuse et snobe - lui demande de virer la pâtissière de l'entreprise. C'est là que la situation s'emballe et que Kathleen va faire la connaissance d'un avocat canon du nom de Mitch...

Pour faire simple, je me suis ennuyée. Pourtant, il me semble l'avoir dit récemment, je suis bon public en général et je lis souvent des choses légères à la portée du premier venu sans porter de jugement. D'ailleurs, en général, je m'amuse bien même s'il n'y a pas de quoi fouetter un chat. Mais là, comment dire... tout est énorme ! Les situations (souvent embarrassantes pour Kathleen), les personnages (tout simplement tellement excentriques qu'on peine à se marrer), les émotions qui s'emballent et l'amour qui pousse comme du chiendent sans qu'on comprenne vraiment pourquoi, la fin convenue et la brouette de bons sentiments et de clichés qu'on nous balance à la pelle... Bref, à faire dans l'extrême, Meg Cabot est tombée dans la caricature et je n'ai pas accroché.

Impossible d'apprécier Kathleen et de réussir à décrypter son comportement général. Et ça, ça vous gâche une lecture... Elle agace, hérisse le poil et me fait l'effet d'une main aux ongles parfaitement manucurés qui passe et repasse sans se lasser sur un tableau noir... (Mais qu'est-ce qu'ils lui trouvent tous ?!) Elle doute, pleurniche, culpabilise, fantasme puis se détourne du mec brillant qui la trouve à tomber (en l'espace de quelques heures seulement. Amis de la crédibilité : bonsoir !) et tout cela dans la même page ! Alors que le monde entier lui prouve qu'elle est belle et brillante et que malgré ses choix de vie, elle reste une personne pleine de bon-sens et de compassion qui accompli de belles choses au travail (entre les vingt mille mails qu'elles s'échangent elle et son amie Jen, on a de quoi se poser la question quand même...) Kathleen ne cesse de pleurer sur son sort et la malchance qui s'abat sur elle sans voir un seul instant que tous ses amis autour d'elle mettent la main à la pâte pour la sortir du bourbier. Kathleen n'est pas seulement agaçante, elle est... comment dire... un peu simplette et franchement superficielle, et c'est bien le problème. Je ne parle même pas de ses convictions profondes qu'elle jette aux orties quand ça l'arrange. Quant à l'histoire d'amour, difficile de croire que le beau Mitch fond littéralement pour elle dès le premier regard et que les sentiments s'envolent à partir de rien. Je me suis crue plus d'une fois dans une mauvaise sitcom. C'est peut-être ça le problème : à trop rester en surface sans chercher à approfondir le caractère de son personnage, Meg Cabot nous livre une héroïne fade et frivole qu'on a pas envie d'aimer, et qui restera à mes yeux aussi énigmatique que sa passion dévastatrice pour Charmed et Alyssa Milano...

Les seuls personnages que j'ai apprécié, ce sont les "méchants" de l'histoire, la bosse et sa confrérie d'anciennes étudiantes plus perfides les unes que les autres, et les échanges musclés entre Mitch et son frère Stuart qui sont vraiment hilarants...

Bon, je reconnais que je suis dure sur ce coup-là. Je n'avais peut-être pas le bon état d'esprit pour lire ce bouquin, ou peut-être que j'en attendais trop. Quoi qu'il en soit, il m'a paru long, ce récit, aussi long que les états d'âme de l'héroïne entre deux plats mexicains... Franchement ce n'est pas ma meilleure expérience avec Meg Cabot. Pas de papillons dans le ventre, pas de frémissements : rien. Le néant. Il faudrait que je tente les autres, peut-être que ça pourrait me réconcilier avec ce style.

Dommage...


Embrouilles à Manhattan - Meg Cabot - Editions Marabout - Collection Girls in the City - 2006

5 commentaires:

  1. Ah je suis désolée que tu n'aies pas aimé !
    En effet on a pas ressenti le livre de la même manière, c'est le moins qu'on puisse dire...
    Je ne partage pas du tout ton avis, les héroines de ces livres me touchent et me font rire à chaque page, et si tout est déjà prévisible, je n'en ai pas tourné moins vite les pages pour autant !
    Zut en tout cas !

    RépondreSupprimer
  2. @Cess : Ben oui, zut alors ! Surtout que j'avais envie de décompresser et de dévorer un truc léger et sympa. Mais bon, je ne vais pas me décourager. Et Meg Cabot et moi, on a encore du chemin à faire ensemble !...

    RépondreSupprimer
  3. Mince alors ! J'avais adoré moi aussi !
    Mais la chick-litt, c'est particulier quand même... il en faut vraiment peu sous peine d'overdose, mais bon là visiblement, tu en lis encore moins que moi, donc ce n'est pas une overdose... peut-être tout simplement pas un genre qui te plait ?! J'ai envie de dire : ça arrive au meilleur... hihi ;o)

    RépondreSupprimer
  4. Je l'ai beaucoup aimé ce livre qui m'avait beaucoup fait rire.

    RépondreSupprimer
  5. C'est vraiment dommage, perso je l'ai plutot aimer mais faut avouer quand même que ca aurait pu être mieu ..

    RépondreSupprimer

Tranches... de livres ! © 2014 - Designed by Tranches... de Livres !, Plugins By MyBloggerLab.com