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dimanche 2 octobre 2011

Cornes - Joe Hill



Ignatius Martin Perrish passa la nuit ivre, à faire des choses terribles. Il se réveilla le lendemain matin avec une terrible gueule de bois et… une paire de cornes qui lui sortait des tempes... Au début, Ig croit que les cornes sont une hallucination, celle d'un esprit malade, rongé par la colère et le chagrin. cela fait un an que Merrin Williams, sa bien-aimée, a été violée et tuée dans des circonstances inexplicables. Depuis, reclus dans sa solitude, il vit un enfer, et il a plus de raisons qu'il n'en faut pour sombrer dans la dépression. Pourtant les cornes sont n ne peut plus réelles.



J'ai achevé hier soir le livre reçu il y a deux jours grâce à Masse Critique : Cornes de Joe Hill, et je dois dire que c'est une lecture qui m'a emportée ! 

Ig Perrish est un jeune homme ordinaire, adepte des oeuvres de bienfaisance et qui fréquente assidûment l'église du comté. Mais le meurtre de sa petite amie va l'écarter pour de bon du reste de la communauté en faisant de lui un paria et un être soupçonné des pires atrocités. Car malgré son acquittement, Ig est toujours plus ou moins soupçonné du meurtre, et son entourage ne le voit plus que comme le coupable idéal qui s'est miraculeusement sorti d'affaire grâce à la fortune familiale.

Et puis l'incroyable se produit après une nuit de beuverie : une paire de cornes toutes neuves jaillissent de son crâne, faisant de lui un homme devant qui les gens ne peuvent s'empêcher d'avouer leurs pires péchés et leurs désirs les plus inavouables. Alors Ig va exploiter ce don hérité du Diable ? de Dieu ? et cette nouvelle condition va lui permettre de découvrir le véritable assassin de Merrin. En remontant peu à peu la piste de l'assassin, Ig libèrent autour de lui les plus surprenantes vérités - pas toujours bonnes à dire - que lui font malgré eux les membres de sa famille et de son entourage, et la prise de conscience va être rude. Tout cela le poussant progressivement à s'éloigner de la ville, à comprendre et exploiter ses nouvelles capacités et à réfléchir sur son sort et celui du meurtrier.

Au-delà de l'aspect fantastique qui fait irruption dans le récit dès les premières pages, j'ai beaucoup apprécié le style de Joe Hill, sa manière de construire son récit, d'appliquer le surnaturel par petites touches dont les détails se mettent en place progressivement pour faire la lumière sur cette fameuse nuit qui a provoqué la transformation de Ig. Il opère de fréquents retours en arrière qui permettent au lecteur de connaître la vie d'Ig et Merrin avant les évènement tragiques qui ont eu lieu, et j'ai particulièrement apprécié leur enfance décrite dans la première partie du roman, période durant laquelle la lumière et la joie de vivre sont omniprésentes. Le suspens est garanti et la fin était pour moi complètement inattendue. L'auteur a un talent sûr pour dresser le portrait de cette petite communauté pleine de non-dits et de rancoeur : la ville de Gidéon abrite de nombreuses âmes pleines de secrets et de noirceur que Ig va révéler malgré lui.

Je me suis bien sûr évertuée à ne pas faire de rapprochement avec le grand Stephen à lunettes, mais je dois dire que la présence de tous ces  personnages, les flashs-back sur l'enfance des personnages, et surtout la structure du roman et la façon qu'ont les pièces du puzzle de se mettre en place petit à petit en nous surprenant à chaque page, tout cela m'a un peu rappelé les romans du King. Son style est certes différent, mais tout le talent du père a vraisemblablement été transmit au fils !

Ce récit est aussi l'occasion pour l'auteur d'une belle réflexion sur les méandres de la religion, sur ses excès, ses incohérences et son hypocrisie. Entre l'Enfer et le Paradis, Dieu et le Diable, difficile après ce livre de faire la part entre le Bien ou le Mal. 

Et je n'oublie pas que Le Costume du Mort m'attend toujours dans ma PAL ! 

Merci à Masse Critique pour cet envoi ainsi qu'aux Editions JC Lattès.


Cornes - Joe Hill - Editions JC Lattès - 2011


 



2 commentaires:

  1. Il les cachait sous un chapeau ses cornes ?

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  2. @Syl : Pas besoin ! Parce qu'une fois en face de lui, les gens ne voient plus ses cornes et s'ont obsédés par le besoin de vider leur sac !!

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