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vendredi 12 août 2011

La Duchesse Insoumise - Christine Merrill


Angleterre, 1815. Mariée de force au duc Marcus de Haughleigh, ce libertin à la trouble réputation, lady Miranda ronge son frein : vivre dans un château en ruines aux côtés d’un mari ombrageux, voilà qui n’est jamais entré dans ses rêves de jeune fille. Bien sûr, Marcus ne l’a épousée que par devoir, et certes pas par amour. Mais de là à se montrer aussi rude avec elle… S’il croit pouvoir lui imposer cette vie austère sans qu’elle réagisse, il se trompe ! Déterminée à prouver à son mari qu’elle n’est pas femme à se résigner aussi facilement, Miranda se met à le provoquer…

C'est l'été (quoiqueuuu...) et je suis toujours plongée dans les aléas de la vie des héroïnes Harlequin, tellement plus palpitantes que nos vies à nous, pauvres lectrices en mal d'amour, d'aventure, et d'aristocrates anglais sombres et ténébreux... 

Cette fois, j'ai jeté mon dévolu sur une "oeuvre historique" de la collection "Harlequin met de l'amour dans votre vie et des paillettes dans vos yeux", disponible en téléchargement gratuit, donc forcément irrésistible à mes yeux... Mais oh désespoir ! j'ai été abusée par le résumé hautement mensonger de ce livre... Mais à quoi je m'attendais, en même temps ?.... Bref, je vous raconte quand même...

A la veille du décès de sa mère, Marcus, seigneur de Haughleigh, a promis d'épouser celle qu'elle lui choisirait car il est veuf depuis 10 ans et apparemment (attention, apparemment seulement !...) toujours profondément affecté par ce deuil... Mais il lui faut un héritier ! Alors, sur son lit de mort, sa mère parvient à lui soutirer cette promesse, et la jeune fille en question se présente au manoir plusieurs semaines plus tard. Elle est grande et "osseuse", mais de noble naissance (un point important autour duquel est construit tout le scénario) mais au fil du livre et sous l'emprise de la passion, son physique va mystérieusement se transformer et faire d'elle une jeune femme séduisante... (mais je m'avance, je m'avance, et je saute les étapes...)

Miranda arrive un soir d'orage au manoir de Haughleigh, trempée, seule et sans ressources, et Marcus ne trouve rien de mieux que de la demander aussitôt en mariage en découvrant que c'est la jeune fille que sa mère souhaitait le voir épouser. (derrière ce choix se cache bien évidemment une sombre histoire de chantage que je ne dévoilerai pas pour que les lectrices puisse savourer ce récit...) 

En la voyant arriver chez lui, Marcus en déduit plusieurs choses très pertinentes :

  1. Miranda s'est rendue jusqu'au manoir seule et sans chaperon et sous la pluie battante (donc elle ne peut pas repartir comme elle est venue, ce serait inconcevable de sa part de la renvoyer dehors par cette tempête...)
  2. Elle a rencontré en chemin le révérend et sa femme qui sont deux fieffées commères qui vont s'empresser de répandre la rumeur de sa venue au manoir.
  3. Lui et son frère St-Johns vivant sous le même toit ont une abominable réputation de libertins qui n'est plus à faire (nous y reviendrons, c'est à mourir de rire !...) et renvoyer Miranda dans ses pénates le lendemain entraînera tout le monde à penser qu'elle était la maîtresse de l'un ou de l'autre. (il est tout de même précisé à plusieurs reprises que le village en question se trouve à plusieurs lieues de Londres, je ne vois donc pas comment sa réputation pourrait être mise en péril, mais passons...)
  4. En conclusion, toute cette histoire à dormir debout risque de ruiner définitivement la réputation de Miranda et l'unique solution est donc de l'épouser sur le champ comme le voulait la mère de Marcus (voir le lendemain mais pas plus tard, attention !!)

Miranda paraît plus ou moins satisfaite par cet état de chose (boudiou, c'est bien ce que tu voulais ma fille !!) et accepte de dormir au château jusqu'au mariage. Donc, je tiens à souligner que nous ne nous trouvons pas dans une situation de mariage forcé (c'est plutôt Miranda et les sombres projets de la mère de Marcus qui l'ont poussé à se marier...)

Second point mensonger : il est dit dans le résumé que Miranda vit dans un château en ruine. Non, le château est juste sale (on nous rebat les oreilles avec ça tout au long de la première partie du livre) Miranda ayant travaillé comme servante pendant des années puisqu'elle et sa famille n'ont plus d'argent, les premières choses qui lui sautent aux yeux sont bien évidemment la crasse et la saleté qui règnent au manoir. Et Miranda s'en va t'en guerre contre la poussière armée de son indéfectible bonne volonté, prête à chasser les toiles d'araignée (quitte à décoller le papier des murs) et à cueillir les légumes du potager à la place des domestiques (Chassez le naturel...) Donc Miranda ne ronge pas son frein, elle a de quoi s'occuper et fait tout pour être une bonne petite épouse dévouée...

Christine Merill devrait réétudier la définition d'"insoumise". (en même temps, c'est peut-être un défaut lié à la traduction française) Parce que Miranda ne se met pas à provoquer son mari (excepté quand elle se promène en chemise de nuit à la lueur des chandelles et qu'il a ainsi une vie imprenable sur son corps...) Miranda se contente d'astiquer les moindres coins et recoins du château, et si cela passe pour de la provocation, je suis mal barrée avec mon aspirateur...

En fait, Miranda n'arrive pas à s'habituer à sa nouvelle condition de duchesse (rien de moins !) après avoir souffert pendant des années de la pauvreté. Elle se plaît beaucoup plus dans les cuisines que dans les salons...

Mais passons... Le lendemain du mariage, et ayant passé outre la nuit de noce tant redoutée par la jeune fille, Marcus (quel gentleman tout de même, lui qu'on nous présente comme un libertin...) part à Londres afin d'enquêter (mine de rien) sur le passé de sa dulcinée avant de signer la licence de mariage qui cèlera définitivement son destin à celui de Miranda. Il va donc aller de révélations en révélations et en apprendre plus sur la vie de son épouse. Absent plusieurs semaines, Miranda se retrouve donc seule au château avec le frère de Marcus, St Johns, qui est lui même, nous dit-on, un terrible séducteur. Les menaces provenant d'un séducteur consistant, pour l'auteur, à dérober un baiser à la jeune fille et à lui masser les chevilles après une chute de cheval...

Le dernier point touche au caractère de notre héro. Loin d'être le personnage ténébreux et ombrageux dont on nous parle dans le résumé, Marcus est en fait un tendre qui, une fois la vérité faite sur le passé de Miranda, va tout tenter pour se faire aimer d'elle. Il est bourré de bonnes intentions et sitôt arrivé à Londres, ne néglige aucun détail pour plaire à sa nouvelle épouse qu'il n'a rencontré que quelques jours auparavant, allant jusqu'à lui racheter toute une garde-robe. De retour au manoir, entre deux crises de colère pendant lesquelles il boude et boit du cognac pendant la journée (ouh... mon dieu... tout ceci révélerait donc qu'il est alcoolique ??) Miranda et Marcus apprennent à s'apprivoiser mutuellement - elle qui pense qu'il ne l'a épousé que pour sauvegarder les apparences et sauver sa réputation, et lui qui pense qu'elle ne l'a choisi que pour son argent... (les crises de colères de Marcus sont liées au fait que Miranda passe son temps à nettoyer le château et à se préoccuper de choses qui ne sont pas dignes d'une duchesse, ce qui plonge son époux dans la fureur... Bien sûr, il ne cherche à aucun moment à comprendre les raisons d'agir de Miranda...) 

Nous allons donc de quiproquos en quiproquos jusqu'à ce que tout s'arrange entre nos deux tourtereaux, non sans mal, puisque le frère - St Johns - a lui aussi un rôle à jouer dans tout cela et qu'il est loin d'être le gentil beau-frère présenté au début du livre. Mais la rédemption viendra pour lui aussi, car chez Harlequin, les méchants ne sont jamais complètement méchants, et sous l'influence de la gentillesse, même le plus terrifiant manipulateur parvient toujours à s'amender...

C'est malheureusement un scénario extrêmement plat que nous sert Christine Merrill (heureusement qu'il est gratuit) - sans parler des incohérences vestimentaires ou autres disséminées ici et là - dont une bonne moitié est manifestement inutile puisqu'encore une fois, il aurait été tellement plus simple pour tout le monde d'avouer la vérité dès le départ, sachant que Miranda a obtenu ce qu'elle cherchait. Mais non, l'auteur s'est plu à multiplier les scènes de conflits, permettant ainsi aux deux héros de se fâcher (rien de bien méchant, rassurez-vous) puis de se réconcilier avec moultes déclarations dégoulinantes de tendresse. Le plus drôle, c'est de voir l'évolution parfaitement incohérente des sentiments de Marcus qui est pratiquement séduit sans qu'on sache trop pourquoi. Et d'un autre côté, les pulsions sexuelles de Miranda qui la projettent parfois du côté du frère, parfois du coté de l'époux - la pauvre à 23 ans est gravement en manque et se sent fondre chaque fois qu'on lui manifeste un geste de tendresse ou d'intérêt. Tout cela est à mourir de rire et la ferait presque passer pour une véritable Marie-couche-toi-là incapable de réfréner ses ardeurs. Du coup, le lecteur s'interroge. Ses sentiments pour Marcus prêtent à confusion. Est-ce qu'elle l'aime vraiment, ou est-ce que sa gentillesse suffit à attirer Miranda dans son lit ?? Jusqu'à une scène particulièrement pathétique durant laquelle la jeune fille confond mari et beau-frère dans l'obscurité... Bref, tout cela n'est pas très crédible... 

Au final, des mensonges, des secrets, des histoires de chantage en veux-tu, en voilà, une orpheline pathétique et désintéressée qui m'a donné des envies de meurtres, des dialogues grotesques et des réflexions telle que celle-ci (en ce qui concerne le beau St Johns) :


Sa voix était grave et plaisante et sa chaleur donna envie à Miranda de se rapprocher de lui. Et quand elle le ferait, elle était sûre qu'il fleurerait le parfum d'un savon de prix. Et que son souffle serait suave.


"Et que son souffle serait suave". Bien sûr, les hommes Harlequin ont l'haleine fraîche, et les dames Harlequin ont une imagination qui s'enflamme à cette seule idée...


Ou encore celle-là pour ce qui est de Marcus :


Des cheveux sombres, avec une touche de gris sur les tempes, et un visage marqué par l'amertume et une vie difficile. Une bouche qui ne souriait pas. Et ses yeux avaient le gris du ciel avant un orage. La force et le pouvoir émanaient de lui comme la chaleur du feu.



Mais je dirais qu'on est loin d'un récit passionné, tout est convenu - les scènes comme les dialogues - et même si la fin est prévisible, on aurait tout de même souhaité plus qu'une seule scène de rapprochement entre les deux époux - scène qui n'intervient qu'à la fin du roman (heureusement, il est court !) Une romance à la sauce Harlequin avec toutefois un scénario tellement rocambolesque qu'on se demande pourquoi l'auteur s'est autant compliqué l'existence...

La Duchesse Insoumise - Christine Merrill - Edition Harlequin - Collection Les Historiques

En téléchargement gratuit sur le site Harlequin...

3 commentaires:

  1. Roooon, rooon, et j'enfonce mes ongles dans le coussin...
    Mais avoue, t'es pas un peu pinailleuse ? Ruine-sale, insoumise-maniaqueduchiffon... enfin bref !... encore, encore... raconte-moi de belles histoires Vilvirt...
    Rooon, ron...

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  2. C'est tellement mauvais, qu'on nous les donne, à présent :)
    De temps en temps, ça fait du bien car après, on trouve tout très bien ;)

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  3. Pimpi m'avait déjà dit que celui-ci était plutôt mauvais ! Ton avis le confirme !
    Petit détail : je me demande ce que je suis avec mon refus de passer l'aspirateur et mes tentatives répétées pour que mon homme s'y colle ! ;o) (après tout, je fais bien la cuisine !)

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