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dimanche 20 février 2011

Eté - Edith Wharton




<< La jeune Charity, recueillie enfant par un avocat du petit village de North Dormer, en Nouvelle-Angleterre, s'est résignée à une vie étriquée, au pied des montagnes, rythmée par les heures qu'elle passe à dépoussiérer et ordonner la minuscule bibliothèque municipale. Un jour de début d'été, elle voit apparaître dans ce bout du monde un jeune architecte, Lucius Harney, venu dessiner des croquis d'habitats traditionnels de la région. Très vite, elle s'éprend de lui [...] >>



Au gré des semaines brûlantes d'un été de Nouvelle-Angleterre, dans le petit village de North Dormer, Charity Royall, une jeune fille blasée et mélancolique, va connaître tous les émois de la passion jusqu'à son plus sombre dénouement dans les bras de Lucius Harney, un jeune architecte de la ville.

Loin d'être une jeune fille sympathique au premier abord, Charity se sent différente des autres jeunes filles du village, et son existence tranquille s'étire nonchalamment entre un petit emploi de bibliothécaire à North Dormer qui l'ennuie profondément, et la présence quasi constante dans la maison rouge où ils vivent de son tuteur, Mr. Royall, un avocat qui l'a recueilli dès son plus jeune âge et qu'elle exècre. Son plaisir le plus grand vient de ses escapades à travers la campagne environnante parmi une nature foisonnante au sein de laquelle elle se sent à sa place. Et pas très loin se profile la silhouette de la Montagne, ce lieu inconnu dont elle entend pourtant régulièrement parler, l'endroit même dont M. Royall l'a tirée, petite, et qui semble abriter une population de gens complètement démunis et hors la loi.


L'ombre de la Montagne va peser sur l'existence et les actes de Charity tout au long du roman. Ce lieu que les gens n'évoquent qu'à regret exerce une fascination morbide sur elle, et ses questionnements, ses doutes et ses brusques accès de colère semblent trouver leur source dans cet espace inconnu que la Montagne abrite, un monde fait de peur, d'ignorance et de brutalité, peuplé de gens qui lui sont apparentés mais dont elle ne sait rien.


Un jour, elle rencontre Lucius Harney, le neveu d'une personnalité importante du village venu à North Dormer afin d'y étudier l'architecture des maisons. Très vite, la présence amicale et pleine de fraîcheur du jeune homme éveille des émotions très fortes dans le coeur de Charity, et ce qui débute comme une amitié simple entre deux jeunes gens prend très vite l'aspect d'une relation amoureuse. Au fil d'un été brûlant, ils vont s'aimer et vivre cet amour caché, loin des regards qui les épient, à l'abri d'une nature dont l'explosion et la richesse sont au diapason de leurs sentiments.  

Au fil des pages, la personnalité de Charity m'est devenue de plus en plus sympathique. Sa fierté et son orgueil dictent la plupart de ses gestes, et si les gens autour d'elle la voient comme une personne dédaigneuse et pleine d'arrogance, j'y ai vu, moi, une volonté pudique pleine de dignité de s'élever au-dessus des habitants de North Dormer, et de s'affranchir des codes qui régissent sa vie.


La conscience de son infériorité culturelle face à son amant - il vient de la ville, il a côtoyé beaucoup de personnes importantes alors que Charity n'a jamais dépassé les limites du village - creuse entre eux dès le départ un fossé que rien ne comblera, même pas l'amour qu'ils se portent et dont la force éphémère va mourir aux premiers jours de l'automne.


A travers l'histoire de Charity, de son ascendance trouble et des terribles bouleversements qu'apporte la présence de Lucius Harney dans sa vie, Edith Wharton évoque le destin tragique d'une jeune fille ordinaire confrontée aux préjugés d'un village replié sur lui-même, où les actes de chacun sont jugés et passés au crible. C'est une critique de la société de l'époque qui évoque une émancipation quasi improbable pour les femmes vivant à cette période sans la protection d'un époux, et des difficultés qui y sont liées. 


C'est mon premier roman d'Edith Wharton, et je suis satisfaite de cette première approche. Le style très simple m'a d'abord un peu rebutée, mais elle parvient, au travers de ses personnages aux personnalités fouillées, à nous faire saisir l'âpreté de leur existence et la richesse des plaisirs simples qu'ils en retirent. Car Eté est avant tout le roman de la jeunesse et de la vie.


Je possède un recueil de nouvelles du même auteur dans ma PAL. Et j'ai hâte de voir ce que ça donne ! Et j'ai noté Ethan Frome il y a bien longtemps, ainsi que Les Boucanières qu'il faudra que je me procure également. Je n'en ai donc pas encore fini avec cet auteur ! 
  


Eté  - Edith Wharton - Editions 10-18 - Domaine Etranger - 1999

Ma note
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3 commentaires:

  1. J'ai bien aimé ce livre aussi et tous ceux que j'ai pu lire jusqu'ici de cette romancière mais celui qui l'emporte pour moi c'est de loin :"Les Boucanières". Un véritable délice!

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  2. @Mango : C'est aussi celui que j'avais remarqué ! Beaucoup de gens l'ont apprécié apparemment !
    @Syl : note ! note !

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