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samedi 11 décembre 2010

Les Grand-Mères - Doris Lessing





<< Sur la terrasse d'un café dominant la baie de Baxter's Teeth, deux familles, qui semblent n'en former qu'une, se prélassent au soleil. Roz et Lil, les grand-mères, restées belles, entourées de Tom et Ian, leurs fils, et de leurs petites-filles, semblent filer le parfait bonheur. Depuis toujours, Roz et Lil sont aussi inséparables que des sœurs jumelles, et l'affection qu'elles se portent s'est doublée peu à peu d'un amour pour le moins trouble de chacune pour le fils de l'autre. Mais, quand Mary, la femme de Tom, surgit, pleine de colère, l'ombre débarque dans ce tableau idyllique... >>

Je viens d'achever cette nouvelle de Doris Lessing, et là, je reste dubitative... L'histoire est extrêmement courte, ce qui ne m'a pas permis de m'attacher aux personnages et de bien les cerner - on en sait peu sur eux, au final - le style est terriblement banal, et "l'intrigue" est loin d'être originale.


Les premières lignes du roman nous interpellent, on s'attend aussitôt à découvrir l'histoire d'un scandale sulfureux entre mères et fils, mais l'auteur a su évoquer cette relation proche et presque incestueuse avec pudeur, sans toutefois nous épargner le sentiment que l'on assiste à une passion profonde, brûlante et véritable entre ces quatre personnes. 


L'histoire est celle de Roz et Lil, deux femmes inséparables depuis leur plus jeune âge, vivant dans leurs maisons toutes proches du bord de mer. Elles se côtoient depuis l'enfance et leur relation est tout simplement fusionnelle. Roz travaille dans le domaine artistique et Lil est à la tête d'une chaîne de magasins de sport qui fonctionne très bien, et qui fait d'elle une femme riche. Elles se sont mariées le même jour, ont eu des enfants presque en même temps et quoique cette symbiose en vienne, avec le temps, à précipiter le divorce de Roz, elles continuent, au fil des années, à vivre quasiment l'une chez l'autre. Rien ne semble pouvoir les séparer.

Cette amitié qui semble ambiguë aux yeux de leur entourage, se poursuit à travers la relation qu'elles entretiennent avec les fils de chacune d'elles - Tom et Ian, deux beaux jeunes gens élevés comme des frères. Mais les années passent, Tom et Ian vieillissent. Les pressions sociales et une certaine fatalité poussent les deux femmes à rompre avec leurs amants afin de les laisser s'épanouir dans leur existence - et ce, malgré leur refus. Mais les garçons finissent par épouser Mary et Hannah, ils fondent un foyer, et Tom décide de s'installer dans la maison de Roz, sa mère. Celle-ci doit partir vivre ailleurs, et chacun souffre secrètement de cet état de chose. La séparation des deux femmes est difficile, le chagrin s'installe, et chacun cherche à réparer cette absence en se noyant dans le travail. Mais Roz et Lil finissent par se retrouver. 

Si j'ai compris les raisons de l'attachement de Ian et de Roz au départ, je suis passée complètement à côté de la relation entre Lil et Tom. Même si on sent bien qu'avec les années, le jeune homme développe, comme son ami, de profonds sentiments à l'encontre de sa voisine. Il y a beaucoup trop de choses qui ne sont que survolées dans ce court récit, et c'est bien dommage, parce qu'il y avait matière à construire quelque chose de plus sensible. A commencer par l'amitié de Roz et Lil au fil du temps, dont la profondeur n'est rendue qu'une seule fois, au moment où Harold, l'époux de Roz, projette un film sous les yeux de sa femme dont les images sans équivoque montrent à quel point tout ce qui les entoure rend ces deux femmes indifférentes - exceptées elles-même.

Le style d'écriture de Doris Lessing est incroyablement froid et impersonnel, avec des phrases courtes qui évoquent des sentiments ou des émotions qui sont à peine exprimées, et que j'ai eu des difficultés à ressentir. Elle adopte volontairement le point de vue de Roz et Lil - parfois celui de leurs fils - mais jamais celui de leurs voisins ou de leur famille, et un regard objectif et extérieur au "groupe" m'a parfois manqué.

Doris Lessing brosse le portrait de deux femmes indépendantes dont on suit l'amitié dans ce qu'elle a de plus absolu. Depuis leur prime enfance jusqu'à un âge avancé, on survole l'existence pleine de facilité de ces deux femmes remarquables, leur passion pour leurs fils, et leur chagrin quand elles comprennent qu'eux aussi doivent faire leur vie et s'extraire de cette bulle dans laquelle elles les ont maintenu pendant la moitié de leur vie. Doris Lessing exploite le thème de la vieillesse, de sa solitude et des questionnements qui l'accompagne avec subtilité, mais, encore une fois, un certain manque d'émotion et de profondeur à mes yeux. 

J'ai passé un moment agréable en compagnie de ces deux grand-mères peu ordinaires, mais je suis loin d'avoir refermé un livre inoubliable. Je tenterai bien d'autres ouvrages de cet auteur, histoire de me faire une meilleure idée...




Les Grand-Mères - Doris Lessing - Editions J'ai Lu - 2007

Ma note
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2 commentaires:

  1. Oh oui ! Ce n'est pas son meilleur, même si je l'ai beaucoup aimé...
    Lis aussi Le journal d'une voisine : c'est une histoire profondément humaine et émouvante.

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  2. @Céline : Je compte bien en découvrir plus sur cet auteur ! Je note le titre que tu m'indiques. Si j'ai l'occasion, j'essaierai de le trouver...

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