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mardi 21 septembre 2010

La Route - Cormac McCarthy


L'apocalypse a eu lieu. Le monde est dévasté, couvert de cendres. Un père et son fils errent sur une route, poussant un caddie rempli d'objets hétéroclites et de vieilles couvertures. Ils sont sur leurs gardes car le danger peut surgir à tout moment. Ils affrontent la pluie, la neige, le froid. Et ce qui reste d'une humanité retournée à la barbarie. Cormac McCarthy raconte leur odyssée dans ce récit dépouillé à l'extrême. Prix Pulitzer 2007, La Route s'est vendu à plus de deux millions d'exemplaires aux États-Unis.

Un bien étrange ouvrage que ce livre de McCarthy, que j'ai bien failli reposer une fois ouvert. Heureusement - pour moi - j'ai tenu bon ! Je vais éviter de m'étendre sur les nombreuses coquilles et autres mots bardés d'erreur qui ponctuent chaque page de cette édition, au milieu d'un récit déjà difficile à suivre. 

L'histoire est donc celle d'un homme et de son fils qui parcourent les routes d'un pays ravagé par... quoi ? ça on ne le sait pas, sûrement un cataclysme, puisque le monde est recouvert de cendres, et que toute vie, toute végétation l'a déserté. On devine seulement qu'ils sont obligés de fuir et de se cacher quand ils le peuvent, obligés de lutter pour survivre, sans cesse menacés par ceux qu'ils croisent. Leur chemin doit les conduire vers le sud, là où le climat est plus chaud, et où ils pensent trouver des conditions de vie plus clémentes, et on assiste à leur errance dans la neige et le vent, dans des conditions épouvantables où il souffrent chaque jour du froid et de la faim.  Ils doivent se battre pour trouver de quoi se nourrir, de quoi s'abriter, de quoi se chauffer... Les jours passent et se ressemblent tous sous un ciel définitivement obscur.

J'ai refermé ce livre avec des sensations très mitigées. De l'ennui au départ face à la prose de l'auteur, un certain intérêt ensuite pour le périple de ces deux personnages incroyablement solitaires, l'horreur, enfin, devant la désolation d'une planète apparemment dévastée, et l'apparente inutilité de leur quête.

Ils repartirent vers l'est entre les arbres morts, encore debout. Ils passèrent devant une vieille maison à pans de bois et traversèrent une route de terre. Une parcelle défrichée qui avait peut-être été jadis un jardin potager. S'arrêtant de temps à autre pour écouter. L'invisible soleil ne projetait pas d'ombre.


Avec son style dépouillé, ses mots justes et percutants, le "charme" a fini par opérer, mais bien que j'en ai lu d'excellentes critiques très enthousiastes sur les blogs des uns et des autres - raison pour laquelle j'avais envie de lire ce livre - je ne peux pas dire que j'ai été véritablement transportée. 

L'auteur a quand même cette faculté de plonger le lecteur dans la noirceur d'un monde futuriste avec brio, j'y ai été sensible, je me suis même souvent apitoyé sur le sort du "petit" et de son père qui cherche à le protéger coûte que coûte malgré les dangers de la route. D'ailleurs, les sentiments de ce père vis à vis de son enfant est la chose la plus lumineuse de ce roman, et McCarthy, à travers une écriture très sobre, arrive à nous transmettre cette émotion d'une manière puissante. 

Le pays avait été pillé, mis à sac, ravagé. Dépouillé de la moindre miette. Les nuits étaient mortellement froides et d'un noir de cercueil et la lente venue du matin se chargeait d'un terrible silence. Comme une aube avant une bataille. La peau du petit était de la couleur d'une bougie et presque transparente. Avec ses grands yeux au regard fixe il avait l'air d'un extraterrestre.


Le récit est divisé en petits chapitres, entrecoupés de dialogues très courts entre l'homme et son fils. Il se concentre exclusivement sur leur long parcours parmi un paysage ravagé, à l'image des quelques rescapés qui sillonnent le pays et dont la plupart sont tombés dans le cannibalisme pour survivre...

Donc, ne vous laissez pas décourager par le début de ce livre, parce que passées les premières pages, l'histoire est relativement prenante, sombre, dérangeante mais portée par une note d'espoir en la personne de ce petit garçon qui n'a connu que ce monde bouleversé pour tout horizon.


J'ai enchaîné avec la version cinéma de John Hillcoat - un peu surprise de retrouver certaines scènes du livre quelque peu "mélangées" - une excellente surprise, toutefois, qui a renforcé l'impression du livre. 

Je compte persévérer avec d'autres livres de McCarthy, car La Route reste une expérience percutante.  

La Route - Cormac McCarthy - Editions du Seuil - Collection Points


  
                                  

3 commentaires:

  1. Un livre dont je redoute la lecture... On verra, pour l'instant il n'est pas dans ma PAL !

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  2. Ce livre m'a totalement éblouie. je l'ai lu il y a plus de deux ans et je me rappelle encore des émotions éprouvées... à tel point que je n'arrive pas à me décider à regarder le film, malgré le beau Viggo...

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  3. @Ys : Pour moi, le film a renforcé l'impression du livre. Mais tu as raison, plusieurs jours après, je repense encore à ce livre, et je l'ai peut-être noté un peu trop vite. C'est incontestablement un récit très fort...

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