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mercredi 28 juillet 2010

Vingt-Quatre Heures de la Vie d'une Femme - Stefan Zweig



Scandale dans une pension de famille " comme il faut ", sur la Côte d'Azur du début du siècle : Mme Henriette, la femme d'un des clients, s'est enfuie avec un jeune homme qui pourtant n'avait passé là qu'une journée... Seul le narrateur tente de comprendre cette " créature sans moralité ", avec l'aide inattendue d'une vieille dame anglaise très distinguée, qui lui expliquera quels feux mal éteints cette aventure a ranimé chez la fugitive. Ce récit d'une passion foudroyante, bref et aigu comme les affectionnait l'auteur d'Amok et du Joueur d'échecs, est une de ses incontestables réussites.



Ce livre a été lu dans le cadre du challenge "Ich liebe Zweig" proposé par Karine et Caro.

Je ne connaissais pas encore cet auteur et c'est avec un réel plaisir que je viens de refermer ce petit livre. Dans une pension de famille, suite au scandale causé par la fuite d'une mère de famille avec un parfait inconnu, une vieille dame anglaise confie son histoire à l'auteur, ou comment, en l'espace d'une seule journée, elle s'est elle-même trouvée confrontée tour à tour à la passion et au désespoir, à travers sa rencontre tragique avec un jeune homme habité par le démon du jeu.


Cette nouvelle, je l'ai trouvé quant à moi beaucoup trop courte. Portée par un style unique et une écriture élégante qui détaille et dissèque avec subtilité la psychologie des protagonistes, j'aurais souhaité au contraire que l'auteur s'étende un peu plus sur cette relation passagère, imprévue. J'ai profondément aimé cette jeune veuve naïve, touchante, désemparée devant le deuil, qui soudain, paraît revenir à la vie, fascinée par la gestuelle d'un inconnu rencontré au hasard d'une salle de jeu. On est nous aussi bouleversés devant cette physionomie. Car chaque détail est mis en perspective et établit déjà les prémices d'une confrontation stupéfiante, fruit du hasard. Les sentiments sont exacerbés.

Jusqu'au bout, la narratrice sera tiraillée entre sa peur du jugement des autres, l'horreur d'une réputation entachée par le scandale - vitale en cette période de rigueur morale - et les sentiments inattendus qui vont s'épanouir en elle à l'égard d'un jeune homme qu'elle va chercher à aider de toutes ses forces. L'aspect poignant de ces vingt-quatre heures est décrit d'une manière magistrale.

Ce fut une grande découverte et j'espère dénicher d'autres ouvrages de cet auteur dans les semaines à venir !


J'aurais sacrifié à cet homme mon argent, mon nom, ma fortune, mon honneur... Je serais aller mendier, et probablement il n'y a pas de bassesse au monde à laquelle il ne m'eût amenée à consentir.


Vingt-Quatre Heures de la Vie d'une Femme - Stefan Zweig - Le Livre de Poche - 2003



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