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mardi 20 juillet 2010

Quand la Belle rencontre la Bête... ou Harlequin comme Antidote contre la Déprime !


Amanda soupira. Décidément, ce spectacle de catch était d'une nullité affligeante. A quoi songeait Julie pour la conduire dans un endroit pareil ? A la musique endiablée succédait maintenant le rythme lancinant d'une grosse caisse, annonçant l'entrée sur le ring de celui que l'on appelait la Bête Humaine. L'obscurité se fit, accompagnée d'un grand silence, et la jeune femme sentit son intérêt s'éveiller. Car l'homme qui venait d'entrer dans le stade, tenant en laisse un magnifique spécimen de tigre sibérien, n'avait rien d'un lutteur ordinaire. De l'homme et de la bête émanaient une magie singulière, une beauté indéfinissable à la fois sensuelle et barbare, qui la... troublaient bien plus que de raison. - Alors, comment le trouves-tu ? Superbe non ? La voix vibrante de Julie arracha Amanda à l'hypnose. - Qui ? Le dompteur ? Terriblement vulgaire ! Mais le tigre, lui, n'est pas mal, rétorqua-t-elle de son ton le plus snob de fille de sénateur.

Avant d'entamer ce billet, je tenais tout d'abord à dire que je me suis rarement autant bidonnée en lisant un livre ! (à part pendant Le Journal de Bridget Jones peut-être ! Un must !) Et que ce challenge Harlequinades 2010 m'aura au moins apporté ça ! Le résumé est déjà plus qu'évocateur, mais pour ce qui est du reste...

Bon, plantons le décor. Dès les premières pages, nous faisons la connaissance du beau Abraham (aux Etats-Unis, on aime bien les prénoms bibliques...) qui se produit chaque soir sur scène en tant que catcheur professionnel pour pouvoir entretenir un ranch dans lequel il élève des animaux sauvages qu'il a recueilli. Car, disons-le franchement, Bram est un homme sensibilisé à la cause animale, un protecteur de la nature amoureux de nos amis à quatre pattes, ce qui le force à faire le terrible sacrifice de se produire chaque soir sur scène sous le nom de La Bête humaine (ça en jette !), en pagne léopard (nous y voilà !) devant des milliers de femmes hystériques, avec un tigre au bout d'une laisse, chose oh combien commune dans le milieu coloré du catch, me direz-vous.

Là, je vous laisse quelques secondes, mesdames, pour visualiser la scène et vous familiariser avec l'accoutrement de notre héro... Voilà, c'est fait... Reprenons...

Donc, durant l'une de ces représentations, le beau et fier Bram, au visage altier, au nez légèrement irrégulier, à la mâchoire peut-être un peu trop carrée (c'est pas moi qui le dit ! c'est dans le livre !) croise dans la salle le regard glacial de la jeune, belle, intelligente, sage, prude, timide, innocente, riche (forcément) et surtout très snob Amanda, avocate et fière de l'être, tellement obsédée par son boulot qu'elle prenait encore des notes jusqu'à ce que la Bête Humaine entre en scène...

(Entre nous, j'ai toujours trouvé hilarant ces personnages de femmes actives et stressées qu'on retrouve systématiquement dans les romans Harlequin, leur vie étant entièrement consacrée à leur carrière dans laquelle elles réussissent forcément, brillantes avocates qu'elles sont, infirmières dévouées (aux patients comme aux patrons...) joueuses de piano virtuoses, etc... Et ce, jusqu'à ce que leur route croise celle d'un bel Apollon qui leur fait découvrir l'amour...

Et là, c'est la débandade, comme on dit chez nous. Histoire de clore le spectacle, notre beau catcheur aux muscles huilés doit enlever une jeune fille dans la salle et jette son dévolu sur... je vous le donne en mille... j'ai nommé l'avocate coincée ! Je vous épargne le reste. Quoi qu'il en soit,  nos deux protagonistes font donc connaissance pour la première fois d'une manière plus que particulière, s'ensuit une étreinte passionnée dans les règles de l'art avec tremblements convulsifs pour elle, et désir retenu pour lui, et on évite de peu que le baiser ne se transforme en partie de jambe en l'air débridée, là, dans les coulisses du stade, après seulement 15 secondes de rapprochement ! Mais nos héros vont être amenés à se revoir dans le cadre du procès qu'Amanda  veut intenter à notre Tarzan du ring pour l'avoir enlever sur scène ! (oui, elle a recouvré ses esprits entre temps !)
Bien sûr, ce procès n'aura jamais lieu, comme vous vous en doutez, au lieu de ça, Bram décide de convaincre la jeune femme de venir visiter son ranch que la menace d'un procès pourrait ruiner. Et elle accepte !... Une fois sur place, chacun aura le loisir de s'émerveiller sur les qualités de l'autre, que ce soit la gentillesse et l'altruisme de Tarzan, et la sensualité avec laquelle il se rase le matin, ou la vulnérabilité, la douceur, les boucles blondes de Mandy la Frigide, et sa merveilleuse peau de pêche... Et une idylle avec un grand I va naître, agrémentée de moments de complicité profonds avec le tigre, et ponctuée de dialogues hilarants et savoureux (c'est de l'ironie ! ce ne sont pas les dialogues qui m'ont amusé... C'EST TOUT LE RESTE !)

Pour résumé, une petite histoire sentimentale très très légère, dont tout débordement est exclu (Collection Rouge Passion : et puis quoi  encore ! On nous spolie !) et oui, pas de grandes scènes torrides dans ce livre-là ! (excepté peut-être le seul passage un peu hot durant lequel Amanda épie son hôte par le trou de la serrure pendant qu'il ôte sa serviette de toilette à côté du lit King Size... La vilaine !)
On est plutôt victimes des éternels clichés véhiculés par une relation incongrue entre un catcheur et la fille du sénateur, mais on a tout de même droit à une belle plongée dans le monde merveilleux des félins, où l'on apprend comment rendre un tigre jaloux (si, si, et c'est l'occasion de pouvoir se tripoter en toute liberté sous les yeux du félin, histoire de tester sa résistance !...) comment partager son lit avec un tigre, ou la banquette arrière de sa Cadillac, et surtout comment amuser un tigre avec des boîtes de conserve sans se faire étriper au passage !...

Finissons avec cette dernière note plus qu'évocatrice : 

C'est ainsi que, ce matin-là, Amanda se rendit compte que beaucoup de bêtes n'étaient pas aussi féroces qu'elle le paraissaient...


Rien à ajouter, c'est fin, ça se mange sans faim.

Quelques dialogues triés sur le volet, histoire de bien s'imprégner de l'ambiance sensuelle qui se dégage du livre :

Il sortit du pantalon sa chemise ouverte, révélant une poitrine superbe, bronzée et resplendissante (comment une poitrine peut-elle être resplendissante ?


Ma vaisselle est parfois resplendissante en sortant de la machine, mais un torse d'homme ??... Ben non, je vois pas....)

A ce mots, Amanda posa sur lui des yeux inquiets. Dans la pénombre, leur couleur mauve tirait sur le bleu sombre.

(Ah... La merveilleuse diversité des pupilles de nos héroïnes...)


- Bram, je suis une Tarkenton. Tu es la Bête Humaine. Ne vois-tu pas un peu d'ironie, là-dedans ?
- Et alors ? rétorqua Bram d'un ton sec. Le monde est plein d'ironie. (rien à dire)


[...] Son esprit était vide. Son coeur aussi. Et elle avait mal. 

(simple mais percutant)


La Belle et le Barbare - Carol Devine - Editions Harlequin - Collection Rouge Passion

17 commentaires:

  1. Oh, c'est un bon cru, dis-donc.... :)

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  2. Oh ! pour ça oui ! Il y a des scènes d'anthologie là-dedans !

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  3. J'ai bien ri en lisant ton billet :D Ah rien que le titre vaut le détour !

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  4. Le titre et l'image aussi ! ;o)
    Voilà pourquoi j'aime les harlequinades !

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  5. Sandy : C'est sûr qu'on s'amuse autant à les lire qu'à en parler !

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  6. Je vois que comme moi, la lecture des romans sentimentaux te plonge dans l'hilarité ! Certains devraient être remboursés par la Sécu...

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  7. Harlequin ou comment se poiler sans modération!

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  8. Quelle rigolade encore!

    J'en ai les larmes aux yeux, trop fort! Bravo!

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  9. @Armande : J'ai trop de difficultés à prendre tout ça au sérieux !... Je sais que c'est pas pro mais j'y travaille....

    @Lili Galipette : J'attends la suite des aventures de David avec impatience !! Je sens que je vais bien me marrer !

    @Dup : Je suis contente que ce billet t'ai fait mourir de rire ! Le tiens était juste excellent ! (je me remets pas de " comme la chaleur sur un champ de roses !...)

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  10. Je me suis vraiment marrée en lisant ton commentaire !
    Je crois que là, tu as déniché une perle !

    en tout cas, bravo pour cette lecture analytique, je commence ma journée avec la larme à l'oeil !!!

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  11. Pour rugir de plaisir :-)
    Très très bon ce billet de la franche Harlequinade !

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  12. Merci pour ce billet qui m' a bien amusée!
    Je crois que je suis fan des Harlequinades!!!
    En tous cas, c'est très sympa de voir tous ces blogueurs qui ne se prennent pas au sérieux :D

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  13. Quelle chance ! Tu es tombée sur un homme en peau de bêtes.

    Merci pour le fou rire ^^.

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  14. Mais oui ! C'est incroyable ! Où se cachent-ils donc pendant la journée, ces hommes en pagne léopard ??

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  15. Oui euh.. bon, j'ai retenu les mots clef: stade - tigre - sénateur, ça cadrait bien avec le Barbare du titre et mon esprit a d'abord eu des images d'arênes et de chrétiens jetés au tigre. Cruelle déception!

    J'ai émergé façon " èèèèH?" en lisant " la bête humaine" (la bête humaine... Zola, Gabin et sa loco) naaaan? ils ont osé?! J'espère que le fantôme d'Emile viendra les maudire, tiens!

    3° effet kiss cool, j'ai lu " Je suis une tarentule, tu es la bête humaine".. Spiderman, spiderman, does whatever a spider can.. il se fait tard, je devrais pas lire ce genre de résumés à pas d'heure, ça me vaut rien de bon! :D

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  16. @Purple Velvet : L'abus d'Harlequinades est dangereux pour la santé, la preuve !! Merci pour ton petit mot, mais il n'y a aucune tarentule de ce livre-là !! (lol) Seulement des slips léopards remplis de testostérone ! (Et des tigres aussi, mais pas un seul chrétien en vue...)

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  17. rhaa damned!! Bon du moment qu'au final La bête humaine fait le Bonheur des dames... (oui, je sais, c'est plus fort que moi ce genre de remarques! )

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